Monastère Saint Silouane

La foi

25/7/2021 Mth VIII, 28 – IX, 1

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Dans l’épisode que nous venons d’entendre, nous voyons Jésus guérir ces deux hommes possédés par le démon, possédés d’une manière tellement violente que personne ne voulait les fréquenter et s’écartait d’eux.

Il est intéressant de noter que la première chose que les démons disent à Jésus c’est : « Que nous veux-tu, Jésus Fils de Dieu ? », c'est-à-dire que les démons, anges mais anges déchus, reconnaissent que Jésus est bien le Fils de Dieu, c’est un des premiers témoignage que nous avons, mystérieusement donné par les démons comme quoi Jésus est bien le Fils de Dieu ; et puis Jésus les guérit, les délivre et ils redeviennent dans leur état  normal  ; ils retournent au village et les gens sont surpris de les voir dans cet état ; ils devraient se réjouir et rendre grâce à Dieu ; il faut se souvenir que les Gadaréniens n’étaient pas véritablement des croyants, que, par conséquent, ayant vu ce qui s’était passé au travers de leurs troupeaux de porcs qu’ils avaient perdus, ils ont peur et ils demandent à Jésus de quitter leurs terres et c’est la peut-être la leçon que nous devons reconnaître aujourd'hui : la peur ; la peur qui ne vient jamais de Dieu mais toujours du démon et c’est cette peur qui fait que les gens du village demandent à Jésus de les quitter. Il leur manque la foi, une foi vive, une foi, certes que nous avons reçue à notre baptême en capacité et que nous vivons bien sûr le mieux possible chaque jour ; mais il faut bien reconnaître qu’à certains moments, notre foi nous quitte nous aussi ou nous la laissons de côté ou nous laissons de côté le Seigneur Jésus pour nous intéresser à nous-mêmes et essayer de gérer par nous-mêmes les différentes difficultés que nous pouvons rencontrer ; nous manquons de foi à ce moment-là ; or pourtant, la foi, nous le savons bien est vitale ; St Paul – lorsqu'il s’adresse à Timothée lui dit : « Aie la foi, fais grandir la foi, une foi grande, la foi en Dieu ». Alors pour nous aussi il est question de garder la foi ; dans les moments difficiles, quels qu’ils soient, ceux que nous passons en ce moment au travers de cette épreuve du virus mais toutes les autres occasions où les épreuves sont là, nous sommes confrontés à un problème et où nous avons la tentation de le résoudre par nous-mêmes en oubliant qu’il nous faut nous adresser d’abord à Dieu dans une foi vive. Si les Gadaréniens avaient eu la foi grosse comme un grain de sénevé – comme le dira Jésus - ils lui auraient demandé de rester chez eux et peut-être d’accomplir d’autres miracles nécessaires, en tout cas de leur enseigner l’essentiel de la vie : l’amour. Oui souvent nous manquons de foi pas de manière volontaire – encore que … mais souvent par inconscience : nous oublions, nous oublions que c’est Dieu qui est à la base de tout, qui est le créateur, Il peut tout et le Christ le démontre aujourd'hui : Il peut tout, y compris chasser des démons violents qui ont attaqué ces deux pauvres hommes ; oui il nous faut garder la plénitude de la foi, la faire grandir en nous à chaque occasion et pour ce faire demander au Seigneur cette grâce de la garder ; comme les disciples demandaient à Jésus : « Apprends-nous à prier » nous devons demander au Seigneur « Apprends-nous à garder la foi » ; ce n’est pas toujours facile certes mais pourtant cela est vital ; sans la foi, nous sommes morts et si, tout au long de notre vie nous ne nous appliquons pas à exercer cette foi à chaque fois que l’occasion nous est donnée, qu’arrivera-t-il au moment où nous serons devant Dieu ? Aurons-nous encore la foi ? D’ailleurs il est dit : « Lorsque le Seigneur reviendra sur la terre, retrouvera-t-il la foi des chrétiens ? » Nous comprenons donc que la foi est nécessaire ; c’est pour cela que St Paul insiste auprès de Timothée :  Garde la foi, garde le bon combat de la foi, car c’est un combat car nous avons instinctivement le désir de réaliser par nous-mêmes quelque solution à nos problèmes, c’est instinctif, c’est peut-être lié à notre nature déchue mais aussi lié à nos certitudes qui ne sont pas tout à fait justes ; il est toujours dangereux de commencer nos prières par « je », « je veux » « je souhaite », « je demande », non, il vaut mieux commencer par un autre mot : « Seigneur viens à mon secours, hâte-Toi de me secourir. Fais grandir en moi ta foi et donne-moi ta grâce ». Si nous nous exerçons à oublier notre « je », notre « moi », notre « ego » et si nous nous tournons vers l’amour du Christ dans la foi alors pas-à-pas nous serons sur le chemin qui nous mènera à la grande découverte de l’amour de Dieu en plénitude, à la goûter en plénitude et là nous n’aurons plus besoin de foi, nous verrons ce en quoi nous avons essayé de croire.

Amen